• Chanson maçonnique



    CHANSON MAÇONNIQUE



     



     



    AIR : Rions, chantons, aimons, buvons ! DE SÉGUR.



     



    A ma truelle de fer-blanc,

    Sachez ma dignité suprême.

    Je suis obtus, et cependant

    J'ai le triangle pour emblème ...

    Lorsque j'étais petit garçon,

    On me traitait comme un vrai Gille.

    A présent que je suis maçon

    Ai-je encore l'air d'un imbécile ?



     



     



     



    J'aime à produire de l'effet ;

    J'aime à me décorer, - pour cause :

    J'ai le genou gros et mal fait,

    Le tablier couvre la chose.

    Mon dos à droite est un peu rond,

    Le cordon là se montre utile.

    A présent que je suis maçon,

    Ai-je encor l'air d'un imbécile ?



     



     



     



    Quand j'ai mon équerre en sautoir,

    Et que ma ceinture me sangle,

    Chacun prend plaisir à me voir

    Avec ma règle et mon triangle.

    Vous qui m'appeliez cornichon,

    Dans mes simples habits de ville,

    A présent que je suis maçon,

    Ai-je encor l'air d'un imbécile ?



     



     



     



    Fringant comme un chapeau chinois,

    Lorsque je me pavane en loge,

    Je suis fier jusqu'au bout des doigts,







    Étant très-sensible à l'éloge.

    Qu'on me traite de polisson,

    Ma réponse devient facile ;

    A présent que je suis maçon,

    Ai-je encor l'air d'un imbécile ?



     



     



     



    Ma femme dit que le compas,

    Le point-parfait et la truelle

    Sont (je le répète tout bas)

    D'une stupidité cruelle.

    Le tablier n'est qu'un torchon,

    Si je veux en croire sa bile.

    Cependant je suis franc-maçon:

    Ai-je donc l'air d'un imbécile ?



     



     



     



    A table, au sein de mes amis,

    On m'a souvent blâmé de prendre

    Des tons qui ne sont pas permis.

    J'étais un porc, à les entendre.

    Je suis peut-être un peu glouton ;

    Mais quoiqu'à l'ivresse facile,

    A présent que je suis maçon,

    Ai-je encor l'air d'un imbécile ?



     



     



     



    A ceux qui marchent de travers

    Je puis me donner en exemple ;

    Sur mon tablier aux bords verts

    J'ai les deux colonnes du Temple,

    Je vais, ferme sur mon arçon,

    Appuyé de leur double pile.

    A présent que je suis maçon,

    Ai-je encor l'air d'un imbécile ?



     



     



     

     



    On me croyait un sot. Parbleu !

    Ce n'est plus qu'une calomnie,

    Puisqu'au bout de mon cordon bleu

    Brille l'étoile du génie.



     



    C'est pour les sots une leçon.

    J'aurai du moins ouvert la file,

    A présent que je suis maçon,

    Ai-je encore l'air d'un imbécile ?

     



     



     



     



    Ainsi parlait un homme vain

    De son équerre et de sa règle.

    - Frère, lui dit un écrivain

    Qui passait pour un vieil espiègle,

    Ton tablier et ton cordon

    Ne t'ont pas rendu plus habile ;

    Et ceux qui t'ont fait franc-maçon

    T'ont fait doublement imbécile.



     











     



     



     

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